SOURCE : FLEURY, Christine, « En savoir plus sur les archives
ouvertes », Arabesques n° 39 juillet - août - septembre 2005, Agence
bibliographique de l’Enseignement supérieur, ABES
Disponible sur
l’internet : http://www.abes.fr/abes/documents/Arabesques39.pdf
Sommaire
Le point sur les archives ouvertes
Quels
outils pour les archives ouvertes ?
Pour construire l’interopérabilité
Pour faciliter la publication et
l’autoarchivage
Pour organiser les ressources et
faciliter les recherches
Quelques
initiatives françaises
Petite
bibliographie sélective
Sitothèque : à la découverte des
sites « fondateurs »
Le mouvement Open
Archive Initiative (OAI) a commencé avec la convention de Santa Fé, en
1999.
En décembre 2001,lors
d’une rencontre parrainée par l’Institut pour la Société Ouverte (OSI - Open
Society Institute) l’appel de Budapest pour le Libre Accès à la Recherche
définit les bases éthiques et techniques nécessaires à la mise en place de ce
nouveau mode de communication scientifique et de diffusion des travaux de la
recherche. En initiant et soutenant les alternatives éditoriales et
l’autoarchivage contre le monopole de l’édition électronique, ce mouvement
crée, de fait, une nouvelle « économie du savoir ».
La
Déclaration de Glasgow sur les bibliothèques, les services d’information
et la liberté intellectuelle, prononcée en août 2002 lors du 75ème anniversaire
de l’IFLA, affirme le rôle central des bibliothèques dans cette mutation.
Dans
une logique similaire, lors du sommet mondial sur la société de l’information
(Genève, décembre 2003),la Déclaration de principes pour une société
mondiale de l’information, cosignée par les pays membres de l’ONU, appelle
tous les acteurs de l’éducation, de la recherche et du monde de la
documentation à participer au processus visant à faire de la société de
l’information, celle d’un savoir partagé et accessible à tous.
La
déclaration de Berlin, en octobre 2003, a pour objet principal de
promouvoir Internet en tant qu’instrument fonctionnel à la base du savoir
scientifique et de la réflexion humaine. Cosignée par une cinquantaine de
représentants de la recherche, de l’université et des bibliothèques, la logique
de l’engagement est clairement énoncée : il s’agit de la « mise à disposition
en accès libre de la littérature scientifique mondiale, de la production
intellectuelle des chercheurs, associée au droit de la copier, de l’utiliser,
de la distribuer, de la transmettre et de l’utiliser publiquement. »
Plus récemment, la conférence dite Berlin3
« Implementing the Berlin Declaration on Open Access to Knowledge in the
Sciences and Humanities », qui s’est tenue à l’université de Southampton en mars
2005, recommande une politique forte pour favoriser l’autoarchivage et la
publication dans des revues en libre accès. Désormais, un grand nombre
d’universités et d’organismes de recherche du monde entier
affichent
publiquement leur engagement pour ce mouvement.
Ce dossier ressources, sans prétendre à l’exhaustivité, a
pour objectif de proposer quelques pistes pour mieux comprendre les enjeux tant
techniques qu’éthiques de cette mutation. En effet, dans cette nouvelle
configuration,
les « modèles traditionnels de production et de diffusion des documents » sont
bouleversés et l’édition comme les bibliothèques voient leurs repères se
transformer.
Pour faciliter la diffusion
de documents électroniques, un ensemble de protocoles communs et de standards
d’interopérabilité ont été développés visant à faciliter, d’une part, l’échange
des données, d’autre part, leur description commune.
OAI - PMH (Open Archives
Initiative’s Protocol for Metadata Harvesting) : un protocole d’échange de
données.
L’OAIPMH est un protocole d’échanges de données élaboré pour faciliter la
diffusion des
métadonnées d’articles
scientifiques disponibles en accès ouvert sur Internet.
On trouve les spécifications
complètes du protocole sur le site de l’Open Archive Initiative :
http://www.openarchives.org/OAI/2.0/openarchivesprotocol.htm.
Un ensemble d’outils en
accès libre nécessaires lors d’un moissonnage de données ou lors de la création
d’entrepôts de données est
disponible http://www.openarchives.org/tools/index.html
Dublin Core Initiative :
une norme de description commune. Créé en 1995, le Dublin Core est une norme de
description bibliographique, conçue au départ pour s’appliquer aux documents
électroniques et
facilement encodable en
XML. Le Dublin Core « non qualifié » repose sur quinze éléments de base répétables
: title, creator, subject, description, publisher, contributor, date, type,
format, identifier, source,
language, relation, coverage, rights, audience. Le Dublin Core « qualifié »
est hiérarchisé et tolère quelques enrichissements.
Un schéma Dublin Core est
proposé à l’adresse http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc.xsd.
Une application dans le
domaine des mathématiques est à découvrir à l’adresse
http://www-mathdoc.ujf-grenoble.fr/math-prepub/metaproposition.html
. Il s’agit de propositions de
métadonnées communes pour
les prépublications et thèses de mathématiques en France.
Pour en savoir plus : http://uk.dublincore.org/
Pour faciliter la
publication et l’autoarchivage, un certain nombre d’outils sont proposés en
accès libre.
Dspace
Le projet DSPACE a pour but
la collecte et l’archivage à long terme des documents issus de la recherche et
de l’enseignement. Cette plateforme logicielle permet de collecter et gérer,
soumettre et indexer, donner accès par Internet avec possibilité de naviguer ou
de rechercher, archiver les documents numériques. DSpace supporte tous les
types de documents : articles, preprints, rapports techniques, communications
de congrès, ouvrages, thèses, programmes informatiques, cours. Il utilise la
norme Dublin Core pour les métadonnées et le protocole OAI - PMH.
eprints.org
Ce logiciel libre est un
système d’autoarchivage. Il a été développé au département d’électronique et
d’informatique de l’Université de Southampton.
HAL - Hyper articles en
ligne
Le logiciel HAL fournit une
interface permettant aux auteurs de déposer des manuscrits d’articles
scientifiques dans toutes les disciplines sur la base du Centre de
communication scientifique directe (CCSD).
Serveur TEL - Thèses en
ligne
Le serveur TEL (Thèses en
Ligne) mis en place par le Centre de communication
scientifique directe (CNRS)
en collaboration avec la Cellule MathDocs propose les outils nécessaires à la
publication et à l’autoarchivage des thèses et travaux de troisième cycle
(environ 5 000 travaux en ligne).
Pour en savoir plus :
L’Auto-Archivage,
Foire Aux Questions
http://sophia.univ-lyon2.fr/boai/selffaq_fr.html#self-archiving
Pour se repérer au sein de
cet ensemble multiforme, différents outils (répertoires, portails, plateformes
d’interrogation, annuaires) sont développés corollairement aux archives
proprement dites. En voici quelques-uns.
Directory of Open Acces Journals - DOAJ
http://www.doaj.org/.
La
bibliothèque de l’Université de Lünd (Suède) a conçu une base de données de 1
100 revues électroniques scientifiques et savantes (environ 46 000 articles),
en texte intégral et à l’accès gratuit dans le domaine des sciences et des
sciences sociales. Interrogeable à partir d’un moteur de
recherche ou via l’index
sujet, le DOAJ offre, de plus,aux utilisateurs des fonctionnalités de recherche
au niveau de l’article.Cette initiative est soutenue par l’Open Society
Institute (OSI) et par le consortium Scholarly Publishing and Academic
Resources Coalition (SPARC).
Directory of mathematic
http://www.ams.org/global-preprints/index.html. Annuaire
des serveurs de prépublications en mathématiques recensés par l’American
Mathematical Society.
E-Print Network
http://www.osti.gov/eprints/.
Portail de
sites d’archives ouvertes dans tous les domaines scientifiques.
OAIster
http://oaister.umdl.umich.edu/o/oaister/.
Plateforme d’interrogation
de l’Université de Michigan, permettant de lancer une recherche sur un ensemble
de plus de 300 sites d’archives ouvertes institutionnelles.
Scholary journals
http://info.lib.uh.edu/wj/webjour.html.
Répertoire de revues
scientifiques en accès libre proposé par l’Université de Houston.
Dadi
http://dadi.enssib.fr/.
Ce répertoire recense 716 banques de données en accès libre sur Internet, ce,
dans tous les domaines du savoir.
Se situant pleinement dans cette dynamique
de partage et d’échanges, les initiatives françaises dans le domaine des
archives ouvertes se développent.
En
voici quelques-unes, choisies délibérément dans différents domaines
disciplinaires.
ALADIN - Accès libre aux archives du dépôt institutionnel numérique
https://www.dspace.msh.prd.fr/index.jsp
Dépôt
électronique en sciences humaines et sociales établi par la Maison des sciences
de l’homme de Grenoble. Conçu avec la plateforme Dspace.
CCSD - Centre pour la communication scientifique directe
Le
CNRS a établi, en 2000, le CCSD dont la mission est d’étendre les pratiques
d’autoarchivage, dans des domaines de recherche multidisciplinaires. En
favorisant la diffusion des travaux de la recherche française dans un cadre
international, le CCSD s’inscrit dans les pratiques et dynamiques déjà
existantes. À ce titre, le CCSD est site miroir des archives Arxiv (http://www.ccsd.cnrs.fr/arXiv.html)
et Physnet (http://www.ccsd.cnrs.fr/PhysNet/).
La
diffusion de thèses électroniques est l’un des services du CCSD. Actuellement,
environ 2 500 thèses sont consultables en format pdf sur le serveur TEL.
Le
CCSD héberge également plusieurs archives ouvertes francophones parmi
lesquelles :
Archive EduTice
http://archive-edutice.ccsd.cnrs.fr/
L’archive
ouverte Archive EduTice se présente comme une bibliothèque numérique recevant
et diffusant les productions intellectuelles de la recherche internationale
dans le domaine des usages des technologies de l’information et de la
communication dans l’éducation et la formation.
Institut Nicod
http://jeannicod.ccsd.cnrs.fr/
Travaux des chercheurs du laboratoire
interdisciplinaire Jean-Nicod entre sciences humaines, sciences sociales et
sciences cognitives.
Archivesic et MemSIC
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/
Archive
ouverte en sciences de l’information et de la communication.Serveur mis en
place par l’URFIST Paris, l’URFIST Nice, le GRESI (ENSSIB) et le CCI/CRECI (Université
Paris-VII).
Grisemine
http://cridoc.univ-lille1.fr/default.asp?bustl/grisemine
Cette
initiative de la bibliothèque centrale de l’Université des sciences et
technologies de Lille a pour objet la valorisation de la littérature grise
francophone non commerciale dans tous les domaines de la connaissance.On trouve
sur le site de Grisemine des thèses, des prépublications, des communications de
colloques ou rapports de séminaires, etc.
LACITO Langue et civilisations de tradition orale
http://lacito.vjf.cnrs.fr/archivage/index_fr.html
Réalisation
du laboratoire «Langues et civilisations à tradition orale» du CNRS. L’archive
du LACITO donne accès à des enregistrements de parole spontanée,
prioritairement dans des langues « rares ».
MathDoc
http://math-doc.ujf-grenoble.fr
Le
portail de la Cellule MathDoc de Grenoble (Unité mixte du CNRS) offre un accès
à un ensemble sélectionné de ressources documentaires en mathématiques.
Lettre ouverte aux
scientifiques de la PLOS [en ligne]. San Francisco : Public
Library of Science, septembre 2001.
Disponible sur
l’internet : http://www.plos.org/support/openletter.shtml
[version française : http://www.inist.fr/openaccess/article.php3?id_article=53]
[Considérée comme à
l’origine du mouvement en faveur des archives ouvertes, cette lettre demande
aux éditeurs la mise à disposition en libre accès des documents issus de la
recherche publiés dans leurs revues.]
Appel de Budapest pour l’accès ouvert [en
ligne]. Budapest : Open Society Institute and Soros
Foundation Networks (OSI), février 2002.
Disponible sur
l’internet : http://www.soros.org/openaccess/fr/read.shtml
Déclaration de Glasgow sur les bibliothèques, les
services d’information et la liberté intellectuelle [en ligne]. Glasgow :
congrès de l’IFLA, août 2002.
Disponible sur
l’internet : http://www.ifla.org/faife/policy/iflastat/gldeclar-f.html
Déclaration de Berlin sur le libre accès à la
connaissances en sciences exactes, sciences de la vie,sciences humaines et
sociales [en ligne]. Berlin : octobre 2003.
Disponible sur
l’internet : http://www.zim.mpg.de/openaccess-berlin/
[version française : http://www.inist.fr/openaccess/article.php3?id_article=38]
Déclaration de principes
pour une société mondiale de l’information. Genève : Sommet mondial sur la société de
l’information, décembre 2003.
Disponible sur
l’internet : http://www.itu.int/dms_pub/itu-s/md/03/wsis/doc/S03-WSIS-DOC-0004!!MSW-F.doc
Principes de Washington
D.C.pour
le libre accès à la science. Washington : American Society
of Plants Biologist,mai 2004.
Disponible sur
l’internet : http://www.aspb.org/publications/dcprinciples.cfm#statement
[version française : http://www.inist.fr/openaccess/article.php3?id_article=63]
[Déclaration des éditeurs à
but non lucratif]
Conférence dite « Berlin3 ». Southampton : mars 2005.
Disponible sur
l’internet : http://www.eprints.org/berlin3/program.html
[3e conférence sur
l’implémentation de la déclaration de Berlin sur l’accès libre]
NAWROCKI,François . Le
protocole OAI et ses usages en bibliothèques [en ligne].Paris : Direction du Livre et de la
Lecture.Dernière rév. le 2 février 2005. Disponible sur l’internet http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/OAI-PMH.htm
BOSC,Hélène. La
communication scientifique revue et corrigée par Internet [en ligne].Tours
:Institutnational de la recherche agronomique. Dernière rév. le 8 avril
2005. Disponible sur
l’internet http://www.tours.inra.fr/prc/internet/documentation/communication_scientifique/comsci.htm
Le Libre Accès, avenir de
la publication scientifique ? [en ligne]. In : Captain Doc, le guide de la
documentation électronique, juin 2004. Disponible sur l’internet http://www.captaindoc.com/courant/courant29.html
CHARTRON, Ghislaine. Les
archives ouvertes dans la communication scientifique [en ligne].Paris :URFIST,
janvier 2003.
Disponible sur
l’internet : http://www.ccr.jussieu.fr/urfist/archives-ouvertes.htm
MAHE, Annaïg. La
communication scientifique en (r)évolution [en ligne].Villeurbanne : ENSSIB, décembre
2002.Thèse soutenue à l’Université de Lyon-I sous la direction de Jean-Michel
Salaün. Disponible sur l’internet http://www.enssib.fr/bibliotheque/documents/theses/mahe